Jean Louis DESTANS, président de la délégation française du Comité des Régions (CdR)
Date : 04/11/2010
Quel est votre rôle et quels sont vos objectifs en tant que président de la délégation française au CdR?
La délégation française fait partie, avec l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Italie, des 4 plus grosses délégations nationales du Comité des Régions. Mon rôle, en tant que Président, est avant tout d'animer les travaux de cette délégation pour en accroître l'influence au sein du Comité. Il y a des problématiques européennes qui dépassent les clivages politiques et qui relèvent d'enjeux nationaux.
Mon premier objectif est donc de veiller à ce que les membres français soient présents dans les discussions et pèsent dans les votes pour défendre les intérêts des collectivités territoriales que nous représentons. Ma deuxième priorité tient à la spécificité du processus décisionnel européen qui implique plusieurs institutions: Commission, Parlement européen, Conseil...
Mon rôle est donc d'approfondir le dialogue entre notre délégation et les députés européens français, la Représentation permanente et les membres de la Commission.
Enfin, et c'est un enjeu crucial, il s'agit de renforcer la visibilité de notre délégation en France, auprès du citoyen mais également auprès des collectivités, pour les alerter et les informer de l'impact local des décisions communautaires.
Quels sont les enjeux de la mandature pour le CdR ?
Au cours de ce mandat, il y aura quatre défis majeurs à relever pour le Comité des Régions et pour lesquels notre délégation aura un rôle important à jouer.
Le premier consistera à exploiter au mieux toutes les nouvelles dispositions du Traité de Lisbonne qui renforcent les pouvoirs de notre institution. Le Comité devra trouver sa place dans ce nouveau cadre institutionnel.
Le second sera de faire de l'objectif de cohésion territoriale une réalité et de dessiner les grandes orientations de la politique de cohésion pour l'après 2013.
Le troisième sera de préparer la suite de la stratégie de Lisbonne en développant une stratégie plus complète et cohérente.
Le quatrième sera de mettre en œuvre et de développer la gouvernance à multi-niveaux, autrement dit le partenariat qui doit unir chaque niveau de décision (européen, national et local) dans l'élaboration et l'application des décisions européennes.
Au-delà de ces quatre chantiers, notre délégation sera particulièrement vigilante sur le futur de la politique agricole commune et la question des services d'intérêt général qui touchent directement aux modes d'organisation des services publics que nous assurons dans nos collectivités respectives.
Les nouvelles compétences du Traité de Lisbonne permettent-elles de renforcer réellement l’influence du CDR dans le jeu institutionnel européen?
En ajustant son mandat sur celui du Parlement européen, en faisant de la cohésion territoriale un objectif de l'Union, en lui donnant le droit de saisir la Cour européenne de justice en cas de violation du principe de subsidiarité, le Traité de Lisbonne ouvre assurément des perspectives fortes pour notre institution.
Il nous reste à traduire dans les faits ces avancées juridiques pour renforcer encore le poids politique du Comité et asseoir son rôle de partenaire du Parlement européen, de la Commission et du Conseil. Nous disposons de nouveaux outils. Charge à nous de les mobiliser dans l'intérêt des collectivités locales européennes et de l'Union.
Que proposez-vous pour mieux faire connaître les travaux du Comité des Régions auprès des élus locaux ? Auprès des citoyens ?
Pour la première fois, j'ai voulu que notre délégation rédige un bilan de mandat l'année dernière. Ce document a été adressé à l'ensemble des députés européens français, du réseau des bureaux régionaux et locaux à Bruxelles, des députés et sénateurs membres des commissions "Affaires européennes" à Paris, et des présidents d'exécutifs en France. Nous avons d'ailleurs pu compter, dans la création de ce document, sur le soutien du Comité des Régions qui y voyait l'occasion de valoriser l'action de notre institution dans sa globalité. Je suis convaincu qu'il faudra renouveler cette initiative dans les tous prochains mois et la compléter par d'autres. En tant qu'élus locaux nous disposons de leviers efficaces pour contribuer au rapprochement entre l'Union européenne et les citoyens. C'est un des objectifs de la nouvelle délégation française du Comité des Régions.
Pour lire l’interview de Claudy Lebreton, président de l’Assemblée des Départements de France et de la MEPLF en 2009-2010, de Michel Delebarre, président de la commission cohésion terrioriale du Comité des Régions, de Danuta Hubner, présidente de la commission politique régionale du Parlement européen et Joseph Hahn, commissaire européen en charge de la politique de cohésion : www.pouvoirs-locaux-francais.eu





