Rubrique : NOUVEAU
Date : 23/03/2011
Intervention d'Alain Lamassoure au CIFE: l'UE géant législatif, nain budgétaire ?
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En introduction, Alain Lamassoure rappelle le paradoxe suivant : - selon les propos mêmes du président du Conseil d’Etat, globalement 70% des lois/normes qui s’appliquent en France sont décidées à Bruxelles ou à Paris « mais sous influence bruxelloise ». Et ce, bien entendu, selon des proportions variables suivant les secteurs concernés. - dans le même temps, le budget du l’UE ne représente actuellement que 1% du PIB des 27. Ce montant est même en recul par rapport à celui de fin 80/début 90 (1,24%), en pleine période Thatcher qui n’était pourtant pas particulièrement portée sur les dépenses… - alors que plusieurs nouveaux traités ont été signés dans l’intervalle (Maastricht, Amsterdam, Nice et Lisbonne) qui ont sensiblement accru les compétences communautaires - et que le nombre d’Etats membres a quasi doublé pendant cette période avec des pays à faible revenu émargeant de ce fait fortement à la politique de cohésion. Comment s’explique ce déséquilibre ? Une raison de nature permanente : la répartition des compétences a conduit à maintenir au niveau national les domaines les plus dépensiers : santé, retraites, éducation/formation, défense/politique extérieure… Une raison plus conjoncturelle : à l’origine, l’UE n’était pas considérée comme une organisation internationale comme les autres, financée par des contributions nationales mais par des ressources propres (droits de douane, prélèvements agricoles…). Le système ainsi créé dans un environnement protectionniste est arrivé au bout de son efficacité à la fin des années 80 avec la mise en sommeil de Cette décision n’ayant été appliquée que partiellement par les ministres des budgets et sous l’effet de dérogations diverses, le système est devenu de plus en plus compliqué et la part des contributions nationales est devenue prépondérante pour représenter près de 80% aujourd’hui. On en arrive maintenant, avec la crise budgétaire à un point où selon la formule de l’intervenant « avant ils [ les Etats membres] ne voulaient pas payer, maintenant ils ne peuvent plus payer » ! Comment financer dans ces conditions les nouvelles compétences du Traité de Lisbonne (politique extérieure, migrations, énergie, spatial…) sans parler de l’ambitieuse stratégie UE2020 ? Le PE fait deux propositions : - la première est un travail en commun entre les 3 institutions pour réformer le système de ressources permettant à terme de financer les politiques communautaires sans recours aux contributions nationales (AL cite en ex. la taxe sur les transactions financières). - Par ailleurs, sachant que d’ici 2020, les choses ne changeront pas fondamentalement, l’idée est dans le cadre de l’exercice du semestre européen de renforcer la coordination des budgets nationaux (peer review), de voir comment on peut mieux financer au niveau national des politiques européennes (AL a cité AL a insisté sur les raisons qu’il y a selon lui à rechercher une nouvelle ressource propre pour financer les dépenses européennes : - l’expertise n’existe plus sur ce sujet qui n’a plus fait l’objet d’investigations depuis 20 ans et plus personne ne s’en souvient - le système des contributions nationales conduit immanquablement à la recherche d’une Europe juste ou du juste retour. Si « on ne renverse pas la table », on en restera dans la logique actuelle en termes de ressources. Mais également en termes de dépenses dont la répartition correspond à la situation des années 60/70 et non aux besoins actuels. Même constat selon l’intervenant sur Des marges de manœuvre sont donc possibles pour financer les nouvelles priorités de l’UE. En conclusion, AL considère que, sous l’effet des crises (financière, économique, dette, monde arabe, immigration, Japon …), les citoyens comprennent que les solutions passent par l’Europe et la capacité d’adaptation du système est forte pour peu qu’on fasse l’effort d’en justifier le bien-fondé.
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