Rubrique : NOUVEAU

Date : 09/02/2011

Forum européen des politiques architecturales

L’objectif de cette réunion organisée par l'Intergroupe Urban du Parlement européen et le Forum européen des politiques architecturales (FEPA) était de répondre à des questions telles que : qu’est-ce que l’espace urbain ? qu’est-ce que la politique architecturale ? Y a-t-il besoin d’une politique urbaine européenne ? ou bien est-ce uniquement la responsabilité des collectivités ? Quel pourrait être le modèle européen des villes pour le futur ? Comment faire face aux enjeux démographiques, climatiques et sociaux ?
 

Compte-rendu de la réunion organisé par l’intergroupe URBAN et le Forum européen des politiques architecturales : « Non-city ? »

Parlement européen 09/02/2011

  

                 L’objectif de cette réunion intitulée « Non-city ? » (la non-ville) était de répondre à des questions telles que : qu’est-ce que l’espace urbain ? qu’est-ce que la politique architecturale ? Y a-t-il besoin d’une politique urbaine européenne ? ou bien est-ce uniquement la responsabilité des collectivités ? Quel pourrait être le modèle européen des villes pour le futur ? Comment faire face aux enjeux démographiques, climatiques et sociaux ?

Selon Thierry Paquot (philosophe et spécialiste de la question urbaine) les enjeux de la politique urbaine sont liés aux cinq formes d’urbanisation :

  • -          la bidonvilisation (qui épargne l’Europe)
  • -          la mégapolisation (qui épargne l’Europe également)
  • -          l’urbain diffus ou étalement urbain (forme la plus répandue en Europe)
  • -          la ville privée (les enclaves résidentielles sécurisées)
  • -          les petites villes et villages (nombreux en Europe)

En fonction de ces formes, différentes questions se posent : quelle taille donner à la ville ? Comment envisager notre environnement ? (dans le sens de ce qui nous entoure)

Selon Andrea Colantonio (London School of Economics), les défis à relever sont pour le futur agenda urbain européen sont :

  •          un leadership plus fort (davantage de pouvoir aux élus locaux)   
  •          une identification plus précise des lignes directrices et objectifs de la politique urbaine
  •          une meilleure connaissance des méthodes et techniques déjà employées en politique urbaine ces 20 dernières années
  •          un renforcement des liens avec les acteurs financiers
  •          soutenir et promouvoir une économie verte, l’efficacité des ressources et la baisse des émissions carboniques
  •          face à l’élargissement, meilleure prise en compte des différences entre les villes des nouveaux Etats par rapport aux anciens Etats membres

Winy Maas (architecte et urbaniste) présente le « Green Dream » et revendique une architecture écologique mais aussi esthétique. Proposition d’un « Green Calculator » à instaurer par l’UE qui permettrait de définir de vrais critères européens écologiques en matière d’architecture urbaine, un outil qui permettrait de quantifier et qui serait accessible aux personnes qui planifient les stratégies urbaines.

Jacques Ferrier (architecte de la « ville sensuelle » et urbaniste) prend l’exemple de Singapour, un monde urbain qui fonctionne, qui est énergétiquement performant, dont les transports sont très efficaces mais qui pourtant se révèle très peu esthétique. Cela montre les limites de la ville durable. Il doit y avoir une fusion de l’architecture et du paysage pour que la ville soit agréable à vivre.

Jana Revedin (architecte et professeur) rappelle que la moitié de la population mondiale n’a pas de toit. Pour elle la convivialité doit remplacer la productivité et la qualité doit remplacer la quantité. Il faut réutiliser les bâtiments existants.

Rudolf Niessler (DG Regio de la Commission européenne) rappelle que la politique régionale européenne doit soutenir la croissance de façon intelligente et innovatrice. Les villes sont ainsi une entité primordiale pour la mise en place de l’innovation et du développement durable. Les intentions de la DG s’orientent vers :

  •         l’attractivité des villes européennes à travers l’investissement, les emplois et une qualité de vie élevée
  •         la contribution de la Commission européenne à la planification urbaine et architecturale

    Albert Bore (Comité des régions) souhaite :

    •          encourager les villes à faire elles-mêmes leur agenda urbain et non pas appliquer des agendas européens
    •          l’agenda urbain et national doit prendre en compte et intégrer les citoyens
    •          les villes doivent être les pôles de la connaissance et pas seulement des pôles économiques
    •          les problèmes à traiter en premier lieu sont : la pauvreté, la maladie, les discriminations
    •          besoin de vision et de leadership
    •          besoin de coopération plus que de compétition
    •          besoin de soutien aux initiatives locales
    •          l’Union européenne doit rendre les villes attractives par l’investissement financier et par l’investissement dans les citoyens habitants
    •          besoin d’une approche holistique pour encourager la renaissance des villes, avec la perception locale intégrée au cœur de cette approche      de la stratégie régionale européenne

    Isabelle Durand (Verts, Vice présidente du Parlement européen) conclut la conférence ainsi :

    •         On ne parle pas assez des villes et de la planification urbaine alors que les questions urbaines se retrouvent dans toutes les politiques : PAC, énergie, développement durable…
    •         Il faut développer une gouvernance multiniveaux avec une vision plus intégrée puisque les questions urbaines touchent tous les champs d’action
    •         Il faut « tordre le cou » à la subsidiarité et arrêter de dire que l’Europe ne peut rien faire car c’est une question locale, l’UE peut apporter une aide précieuse
    •         Il faut respecter les spécificités locales mais fournir des lignes globales et instaurer plus de conditionnalité pour les questions de développement urbain
    •         les villes doivent pouvoir gérer les richesses (exemple de villes riches dont les habitants sont pauvres) et arbitrer le volet économique et social pour mieux prendre en charge leurs habitants
    •         Il faut encourager la mixité et la coopération des acteurs, suivant l’exemple de la Convention des maires pour l ‘énergie, idée d’une convention des maires sur l’urbanité et la gestion des villes
    •         Elle souligne le déficit de moyens pour la recherche dans les « produits de la ville », dans ses possibles actions et le manque de fonds pour le développement des villes
    •         Les élus locaux doivent bénéficier du soutien européen et d’information car leur tâche est particulièrement difficile
    •         Il faut faire avancer la question urbaine et la sortir de son cercle d’initiés

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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