Rubrique : Prises de positions
Date : 23/06/2008
Contribution des associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français au programme national de réforme français
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La démarche des associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français se veut constructive. Le but est de donner une image des plus précises sur la contribution des collectivités locales à la poursuite des objectifs visés par la stratégie de Lisbonne, et de proposer des alternatives, avec pour parti pris d’aborder uniquement les thèmes du PNR pour lesquels leur action est plus particulièrement visible. Les associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français ont la conviction que la réussite des stratégies de Lisbonne et de Göteborg ne peut aboutir sans l’implication de tous les niveaux de collectivités territoriales. L’avenir de ces stratégies européennes se joue au niveau local.
DEPLACER LA FRONTIERE TECHNOLOGIQUE EN RENFORCANT LES CAPACITES D’INNOVATION Développer l’économie numérique est essentiel pour les collectivités. L’ AMF, l’ADF, l’AMGVF, la FMVM et l’APVF, associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français, considèrent comme primordial l’accès de tout le territoire français au haut débit mobile et au très haut débit. Les collectivités sont donc pleinement concernées par l’aménagement numérique de leur territoire. Toutefois ces actions doivent s’inscrire dans un cadre national concerté et être assorties d’un mécanisme de solidarité nationale, et ce d’autant plus que la mutation technologique des réseaux va s’étendre sur plusieurs années. Les collectivités, malgré leur détermination, ne peuvent optimiser leur action en matière de communications électroniques sans l’intervention incontournable de mécanismes de solidarité nationale. Celles qui se mobilisent doivent ainsi être accompagnées par des mesures fortement incitatives. Pour agir efficacement, les collectivités territoriales et leurs groupements doivent pouvoir fixer les objectifs politiques propres à leurs territoires, en termes notamment de couverture, de diversité des offres, de secteurs prioritaires, de performances, et proportionner leurs actions en conséquence. Nouveaux réseaux Pour monter en débit ou passer au très haut débit, il faut maintenant déployer de nouveaux réseaux, par tronçons ou en totalité. Pour permettre cette évolution rapidement, le plus loin possible, en minimisant les coûts, il est indispensable de pouvoir réutiliser les infrastructures reconnues «essentielles» (fourreaux, poteaux, locaux, pylônes…) et de pouvoir déployer la fibre au plus près de l’abonné. Ces accès doivent être régulés du point de vue opérationnel et tarifaire. Le développement des réseaux et services de communication électronique doit donc être pensé dans un cadre nouveau. Le développement de l’administration électronique et de nouveaux services aux usagers est enfin essentiel pour répondre aux attentes des usagers et développer l’économie numérique.
Les collectivités locales souscrivent pleinement aux objectifs de la stratégie de Lisbonne révisée et font de la poursuite du développement durable un objectif de leurs politiques publiques locales. Engagées depuis longtemps sur la voie du développement durable, elles mènent des politiques locales de soutien à la croissance durable, qui entrent pleinement dans les objectifs définis par la stratégie de Göteborg. Les associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français souhaitent donc conserver suffisamment de souplesse dans l’application du programme exposé dans le PNR pour tenir compte des conditions locales et des réalisations en cours. Transport L’ AMF, l’ADF, l’AMGVF, la FMVM et l’APVF, associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français sont particulièrement impliquées dans le développement du transport collectif et notamment des transports urbains collectifs. Compte tenu des enjeux en matière de réduction des gaz à effet de serre, elles demandent à être accompagnées financièrement par les autorités françaises et par l’Union européenne pour la réalisation des infrastructures lourdes. Toutefois, le développement du transport collectif ne doit pas rester limité aux grandes agglomérations. Des solutions adaptées à des villes de plus petite taille doivent également être envisagées. Quelque soit la taille des agglomérations, les transports collectifs ainsi que l’intermodalité doivent être développés. Le développement des transports doux, comme le vélo ou la marche et les véhicules à énergie propre (gaz naturel de ville, électricité, hydrogène…), figurent également dans les priorités des communes qui les développent dans le respect des caractéristiques locales. Enfin, les communes considèrent que la lutte contre l’étalement urbain fait partie des moyens pour réduire les émissions des gaz à effet de serre. Elles entendent donc continuer à disposer des outils nécessaires pour maîtriser leur urbanisme.
Les associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français souhaitent que la mise en place d’un ambitieux programme de rénovation thermique ne soit pas l’occasion d’une multiplication des normes complexes. Des objectifs simples et facilement mesurables sont parfois plus efficaces qu’une normalisation. Les exigences en matière de performance énergétique constituent un objectif prioritaire, aussi faut-il développer rapidement une offre technique abondante en la matière, afin d’éviter de ralentir les programmes de construction de logements. Les collectivités doivent répondre à un double défi : améliorer l’offre de logements en quantité suffisante et assurer un bon niveau de performances énergétiques. Biodiversité L’ AMF, l’ADF, l’AMGVF, la FMVM et l’APVF, associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français, sont conscientes des enjeux en matière de biodiversité. Elles sont prêtes à participer à la mise en œuvre de la trame verte. Elles souhaitent néanmoins qu’il soit fait preuve d’innovation en la matière. Elles demandent que la préservation de la biodiversité ne passe pas uniquement par le gel de surfaces. Une telle pratique fait peser des contraintes fortes sur le développement des communes concernées. Plans climat énergie territoriaux Les associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français souhaitent que la démarche « plan climat énergie territoriaux » soit encouragée dans toutes les collectivités, quelle que soit leur taille. Des méthodes adaptées aux plus petites collectivités doivent être développées. Instruments économiques Les collectivités regrettent le faible développement des instruments économiques favorisant les pratiques de développement durable. Elles sont favorables aux mécanismes du type responsabilité élargie du producteur ou à la mise en place de signaux prix. Education et formation La mise en œuvre des mesures prévues par le Grenelle de l’environnement nécessite des professionnels qualifiés dont le nombre actuel n’est pas à la hauteur des ambitions. Il sera nécessaire de disposer de professionnels en matière de diagnostics thermiques, de rénovation thermique des bâtiments par exemple. Par ailleurs, un programme de préservation de la biodiversité nécessite de relancer les formations universitaires correspondantes, notamment celles concernant les naturalistes. L’un des outils les plus efficaces et qui participe pleinement à la réalisation de la stratégie de Lisbonne est la politique de cohésion territoriale. Ses résultats prometteurs ont de nouveau été mis en avant par le quatrième rapport sur la cohésion économique et sociale. A ce titre les associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français sont attachées à ce que ne soient pas laissés pour compte des territoires en manque d’ingénierie. Les projets et équipements structurants n’ont parfois pas été pris en compte car n’entrant pas dans la définition stricte des critères de fléchage. Les associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français soutiennent que les projets et équipements structurants contribuent à la croissance et à la cohésion sociale et donc à la stratégie de Lisbonne. Il est légitime que ces projets soient cofinancés par les fonds structurels. Les associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français demandent un maintien des subventions FEDER territorialisées pour les projets structurants visant au développement des communications « haut débit », de protection de l’environnement, de protection contre les catastrophes naturelles et d’inclusion sociale, de transports urbains non polluants. D’autre part, l’AMF, l’ADF, l’AMGVF, la FMVM et l’APVF, associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français tiennent à souligner leur attachement au FSE et aux projets qu’il contribue à mettre en place car ces projets participent pleinement à l’insertion, à l’égalité homme-femme et à la formation. DES OPPORTUNITES POUR TOUS L’ AMF, l’ADF, l’AMGVF, la FMVM et l’APVF, associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français, tiennent à souligner le rôle d’accompagnement joué par les collectivités locales en matière d’éducation (soutien scolaire…), cependant elles insistent sur le maintien du rôle central de l’Etat pour le financement de l’enseignement. Elles refusent de se substituer à l’Etat ASSURER LA SOUTENABILITE DES FINANCES PUBLIQUES A l’heure actuelle, il existe un véritable débat autour des finances publiques locales et il semble essentiel pour les associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français de rendre compte de ce débat auprès de la Commission européenne. Continuer la révision générale des politiques publiques Si les associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français n’ont pas à se prononcer sur le droit de l’Etat à réorganiser ses services déconcentrés, elles refusent toutefois que la décision de réduire les effectifs de la fonction publique d’Etat (non remplacement d’un fonctionnaire d’Etat sur deux partant à la retraite) se traduise par le transfert de responsabilité vers les collectivités locales. Maîtriser et améliorer l’efficience des dépenses publiques Les associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français ne méconnaissent pas les enjeux de maîtrise de la dépense publique, elles souhaitent être pleinement reconnues comme partenaires de l’Etat dans la mise en place et le financement des politiques publiques. Les différentes perceptions du déficit public conduisent l’AMF, l’ADF, l’AMGVF, la FMVM et l’APVF, associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français, à rappeler que : - les collectivités territoriales ne peuvent emprunter que pour financer leurs dépenses d’équipement ; Les collectivités n’ont pas une maîtrise totale sur les choix qu’elles opèrent en matière de dépenses. Une partie des dépenses locales a en effet comme origine, ou tout du moins comme facteur d’augmentation, des causes exogènes, parmi lesquelles figurent en premier lieu les décisions prises par l’Etat ou l’Union européenne (notamment en matière d’énergie d’environnement, d’accessibilité ou de logement). Devraient être mis en place des dispositifs permettant de contenir les charges que l’Etat fait supporter aux collectivités, notamment en termes de normes afin de : - contribuer à maîtriser l’évolution des prescriptions opposables aux collectivités, Mutualisation de services Rationaliser les prélèvements obligatoires Concernant les relations entre l’Etat et les collectivités sur la réforme de la fiscalité, les associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français posent le principe d’une réforme d’ensemble de la fiscalité locale afin notamment d’assurer une véritable autonomie fiscale et financière aux collectivités pour garantir un nouvel équilibre dans les relations entre l’Etat et les collectivités locales. La clarification des relations financières entre l’Etat et les collectivités locales ne pourra pas se faire sans l’étroite association de tous les acteurs locaux. Réforme de la taxe professionnelle Fiscalité écologique
L’ AMF, l’ADF, l’AMGVF, la FMVM et l’APVF, associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français, se réjouissent d’avoir pu contribué au côté de l’Etat français au programme national de réforme et souhaitent que cette démarche d’associations soit renouvelée. Elles demandent à prendre part à l’élaboration de prises de décision et de positions françaises. Elles comptent être systématiquement consultées lors de la rédaction de documents européens qui les concernent. Les associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français demandent que les collectivités locales soient associées à l’élaboration de normes européennes qui les concernent directement ou indirectement. Elles restent à la disposition de l’Etat comme de la Commission européenne pour leur faire partager leur expertise. |
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